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Quand demander secours

Vous devriez être en mesure de faire face, vous-même, à la plupart des épisodes de mal de dos ou de mal de nuque. Dans certains cas particuliers, il vous faudra par contre demander de l’aide.

Dans un premier temps, la plupart de vous essayera une prise en charge en physiothérapie ou en chiropractie, éventuellement associée à de faible médicaments antidouleur (par ex. Paracétamol en vente libre à la pharmacie) ce qui permettra dans la majorité des cas d’obtenir une disparition des symptômes. Si par contre la douleur est aggravée par ces traitements, si vous n’obtenez qu’une amélioration transitoire ou encore si vous n’obtenez aucune amélioration dans un délai de quatre à six semaines, il n’y a aucune raison à poursuivre un tel traitement et une visite médicale pourrait être indiquée.

Dans la majorité des cas de mal de dos ou de mal de nuque, votre médecin traitant devrait être en mesure de poser un diagnostic et entreprendre un traitement. Votre médecin identifiera également les problèmes qui nécessiteront d’être vus par un médecin spécialiste du dos.

Hélas, il n’existe pas de solution magique et instantanée pour venir à bout de votre mal de dos. Soyez réaliste à propos de ce que votre médecin pourra faire pour vous et soyez préparé à investir du temps et des efforts afin de vous améliorer.

Si vous souffrez d’une douleur extrême, qui s’aggrave dans les semaines plutôt que de s’améliorer, ou si vous ne parvenez pas à gérer votre mal de dos ou de nuque, il faudra faire appel à votre médecin de famille.

En vous examinant, votre médecin va avant tout pouvoir vous rassurer, vous dire qu’il n’y a rien de grave et entreprendre un traitement afin de vous aider à mieux contrôler vos douleurs, ce qui devrait également vous permettre de reprendre vos activités au plus vite.

Même dans les cas où les investigations radiologiques mettent en évidence un bombement ou une protrusion discale, ou même si vous présentez les symptômes de « sciatique » (douleurs dans la fesse et dans la jambe s’étendant en dessous du genou) ou de « brachialgies » (douleurs dans la nuque irradiant dans l’épaule et dans le bras ) occasionnés par une irritation d’un nerf au niveau de votre dos ou de votre nuque, ces symptômes habituellement diminuent spontanément dans les six à douze semaines.

Par contre, il existe quelques symptômes sérieux, bien que rares, qui peuvent s’associer à un mal de dos et qui nécessiteront une visite médicale urgente.

Ces symptômes sont :

une difficulté à uriner ou une incontinence urinaire
Une perte de sensibilité dans la région péri-anale ou génitale
Une perte de sensibilité, des picotements ou une faiblesse dans les jambes ou dans les bras
Une perte d’équilibre sur vos pieds.

Ces symptômes peuvent être en relation avec une compression plus grave de la moelle épinière ou des nerfs, nécessitant une intervention chirurgicale urgente afin d’éviter des dommages permanents.

Quand faut-il consulter un spécialiste ?

Sciatique :

Sciatique est un terme qui décrit des douleurs qui s’étendent depuis la fesse en direction de la jambe, généralement en-dessous du genou, plutôt sur la face postérieure, parfois atteignant le pied et les orteils.

La sciatique peut être le résultat de différentes pathologies mais habituellement il s’agit d’une compression ou d’une irritation d’une des racines nerveuses dans la région lombaire. La douleur est habituellement occasionnée par une protrusion ou une déchirure du disque au niveau de laquelle du matériel discal réduit la taille du canal rachidien, entraînant ainsi une compression ou une irritation de la racine nerveuse.

Dans la majorité des cas (90%), les symptômes vont diminuer spontanément dans les 6 à 12 semaines et le traitement initial sera plutôt dirigé vers la réduction de la douleur de façon à ce que vous puissiez maintenir votre activité physique aussi bien au travail qu’à domicile.

Votre médecin de famille pourra effectuer des investigations afin d’exclure d’autres pathologies plus rares et sérieuses et pourra vous aider dans le choix d’un médicament antidouleur ou anti-inflammatoire. Un traitement en physiothérapie, ostéopathie ou chiropractie accompagné de conseils vous apprenant à modifier vos activités et à améliorer le tonus de votre musculature qui sert de support à votre dos vous seront aussi très favorables. Le port d’une ceinture élastique ou d’un corset ne semble par contre pas aider l’évolution de cette symptomatologie.

Il sera nécessaire de consulter un spécialiste lorsque la sciatique est associée à des troubles neurologiques (par exemple faiblesse musculaire, perte de sensibilité ou différence dans les réflexes au niveau des jambes) ou si les symptômes persistent au-delà de quatre à six semaines et que la douleur est très intense et invalidante. Dans ces cas, le spécialiste pourra demander des investigations radiologiques plus poussées telles qu’une IRM ou moins souvent un CT-Scan, ou des tests neurologiques tels que l’électromyographie (EMG). Ces investigations auront pour but de mieux mettre en évidence la cause exacte de la sciatique et de là, dicter la meilleure modalité thérapeutique à suivre.

Dans le but d’optimaliser le traitement, le spécialiste pourra vous proposer des infiltrations péridurales ou, dans certains cas, une intervention de chirurgie discale lombaire.

Mal de dos ou lombalgie chronique :

Le « mal de dos mécanique » est un terme que l’on utilise pour décrire un mal de dos, de la fesse ou de la jambe, résultant de troubles dégénératifs au niveau du disque intervertébral et/ou des facettes articulaires. Cette sorte de mal de dos est habituellement épisodique et la symptomatologie a pu s’aggraver en raison d’un accident ou d’un événement particulier ou bien a pu se développer et se détériorer progressivement avec le temps.

Il est important de rappeler que les troubles dégénératifs bien évidents sur les radiographies, sur l’IRM ou le CT-Scan, sont le résultat d’usure ou d’une déchirure, de surcharges et étirements ou microlésions que votre corps a supportés tout au long de votre vie et que l’événement spécifique n’aurait pas d’autre rôle que celui d’avoir aggraver ces troubles préexistants ou d’en avoir déclencher les plaintes. Dans tous les cas, il faudra se forcer à traiter tout mal de dos de façon non chirurgicale, une opération n’étant conseillée qu’en tout dernier recours. Dans la majorité des cas, votre médecin de famille sera en mesure de vous conseiller un bon traitement anti-douleurs ou anti-inflammatoire et devrait vous diriger vers un bon physiothérapeute afin de vous apprendre les exercices de base.

Il faudra consulter un spécialiste seulement si les douleurs persistent ou deviennent invalidantes malgré le traitement médicamenteux, la prise en charge en physiothérapie et la modification de vos activités sur une période d’au moins deux à trois mois. Si votre douleur ne s’est pas améliorée grâce à ces traitements effectués durant ce laps de temps, il est peu probable qu’une amélioration puisse intervenir ultérieurement. Ceci ne doit pas signifier que le traitement entrepris jusqu’à présent doit être stoppé, car le maintien et le développement d’un bon tonus musculaire va continuer à vous aider à maintenir votre niveau d’activité.

Si vous avez atteint ce stade et que vous considérez que vos douleurs de dos soient devenues à tel point invalidantes, il faudra donc penser à consulter un spécialiste. D’autres examens radiologiques pourront être nécessaires (IRM ou CT-Scan) et votre traitement pourra nécessiter d’être amélioré par exemple, en modifiant votre traitement médicamenteux avec des médicaments anti-douleurs plus puissants, un changement de votre prise en charge en physiothérapie, le port d’un corset ou lombostat ou encore, des infiltrations facettaires / ou des infiltrations péridurales.

Les infiltrations facettaires sont des injections d’un mélange de médicaments effectuées à l’intérieur des facettes articulaires. Ces infiltrations peuvent diminuer la symptomatologie douloureuse occasionnée par une pathologie de la facette articulaire comme, par exemple, l’arthrose, et elles peuvent également aider à l’identification de la source de votre douleur. Dans le cas de maux de dos chroniques et de longue durée, les infiltrations facettaires peuvent vous procurer qu’une amélioration à court terme et ne pas résoudre définitivement votre problème.

Dans certains cas où les douleurs sont invalidantes et résistantes à tout traitement conservateur, le spécialiste pourra prendre en considération une sanction chirurgicale. Pour ceci, il faudra à tout prix essayer de mieux identifier l’origine de vos douleurs, nécessitant parfois le recours à des injections-tests à l’intérieur des facettes articulaires ou des disques (discographies).

La discographie est un examen qui permettra de mieux visualiser l’état pathologique de vos disques et pourra éventuellement reproduire votre douleur typique. La discographie est donc un examen inconfortable, pouvant même augmenter temporairement votre mal de dos. C’est un examen préopératoire qui devrait être ordonné par votre chirurgien traitant.

Le traitement chirurgical pour le mal de dos chronique est généralement limité à une fusion vertébrale lombaire, et pour cette raison, devrait être considéré en tout dernier ressort. Dans certains cas sélectionnés, la mise en place d’un disque artificiel lombaire peut représenter une alternative fascinante afin de maintenir la mobilité de votre dos. Cette modalité thérapeutique nécessite des indications bien précises, c’est une technologie très récente et qui garde certaines interrogations quant à ses résultats à long terme.

N’oubliez pas que toute intervention chirurgicale au dos n’est jamais associée à une garantie quant aux résultats et que toutes ces opérations sont associées à des risques opératoires.

En règle générale, vous pouvez supporter vos douleurs et vos symptômes, vivre avec vos limitations, continuer dans cette direction et ce, probablement mieux que de subir une fusion spinale.

Quelques considérations sur le mal de nuque :

La douleur de nuque et des épaules qui est aussi souvent associée à des douleurs à l’arrière de la tête est une plainte assez commune de l’âge moyen à avancé. Ces symptômes sont habituellement en relation avec des troubles dégénératifs, ce que l’on appelle aussi « spondylose cervicale ». Ceci est un processus semblable à celui de l’arthrose affectant d’autres articulations du corps.

Les changements produits par cette spondylose cervicale peuvent être mis en évidence sur des radiographies déjà chez des jeunes de 20 à 30 ans et ce processus dégénératif continuera à évoluer avec l’âge. Il n’existe rien qui puisse stopper ce processus à ce stade et un traitement chirurgical n’est indiqué que si la symptomatologie douloureuse est associée à des déficits neurologiques occasionnés par une compression, soit de la moelle épinière, soit d’une racine nerveuse ou encore, que la symptomatologie douloureuse soit vraiment invalidante et résistante à tout traitement conservateur.

Votre médecin de famille pourra effectuer des investigations afin d’exclure toute pathologie grave et sous-jacente et vous aidera dans le choix d’un médicament anti-douleurs ou anti-inflammatoire. Un traitement de physiothérapie et de chiropractie qui comprendra une mobilisation active et contrôlée de la nuque ainsi qu’une amélioration du tonus musculaire pour une meilleure stabilisation de la colonne cervicale (exercices isométriques) sont habituellement très efficaces. Les manipulations passives effectuées par un thérapeute afin d’obtenir des craquements au niveau de la colonne cervicale sont plutôt à éviter.

Dans la majorité des cas (90%), la symptomatologie douloureuse va progressivement disparaître dans les six à dix semaines. Ce n’est que lors d’une persistance des douleurs au-delà de deux ou trois mois de traitement ou si les douleurs de nuque sont vraiment invalidantes, qu’il faudra consulter un spécialiste.

Le spécialiste devra probablement étendre les investigations radiologiques par une IRM ou plus rarement par un CT-Scan cervical. Le traitement conservateur pourra être amélioré par l’introduction de médicaments anti-douleurs plus puissants ou parfois par des infiltrations facettaires, injections par lesquelles on infiltre les facettes articulaires intériorisées à l’aide d’un mélange de médicaments.

Dans certaines conditions, particulièrement douloureuses ou résistantes à tout traitement, le spécialiste pourra conseiller un traitement chirurgical. Avant d’opter pour une telle indication, certains tests comme la discographie ou les infiltrations facettaires pourront être envisagés, ceci afin de mieux localiser l’origine même de la douleur. Les interventions chirurgicales pour traiter des troubles dégénératifs de la nuque portent souvent sur une fusion spinale cervicale de un ou plusieurs étages vertébraux. Dans certains cas particuliers, la mise en place d’une prothèse discale cervicale pourra être envisagée par le chirurgien.

Il faudra toujours garder à l’esprit que toute intervention chirurgicale à la nuque n’est jamais associée à un résultat garanti, il existe toujours des risques opératoires et toute opération visant à traiter des troubles dégénératifs n’en arrêtera pas le processus, une surcharge de travail sera portée au niveau des disques avoisinants et ces derniers dégénéreront probablement avec le temps.

Brachialgies (douleurs de nuque irradiant dans un bras en raison d’une irritation ou d’une compression nerveuse)

Cette douleur peut se développer en raison d’une protrusion discale de la colonne cervicale ou encore en raison d’un rétrécissement du canal rachidien cervical ou de l’ouverture entre deux vertèbres cervicales laissant passage à une racine nerveuse. Dans cette situation, la douleur à partir de la nuque va irradier en direction de l’épaule et du bras, suivant la distribution du nerf affecté.

Ce type de douleur peut être particulièrement vif et est fréquemment augmenté pendant la nuit. Malgré ceci, et sans relation avec la cause précise de la douleur, la symptomatologie va habituellement diminuer spontanément dans les quatre à huit semaines.

Des médicaments anti-douleurs particulièrement forts peuvent être nécessaires afin de contrôler la douleur pendant cette période et l’utilisation à court terme (une ou deux semaines au maximum) d’une collerette-mousse peut se révéler bénéfique. Votre médecin de famille devrait être en mesure de vous assister dans ce type de traitement. Lors d’une utilisation prolongée de collerette-mousse, le résultat sera une diminution du tonus musculaire et va probablement prolonger votre rétablissement. L’utilisation de médicaments anti-douleurs et d’une collerette doit donc être toujours associée à un programme d’exercices visant à tonifier la musculature de la nuque (exercices isométriques) et vous êtes vivement encouragé à maintenir autant que possible votre activité physique.

Votre médecin va pouvoir entreprendre des investigations radiologiques avec des radiographies ou un CT-Scan afin d’aider à diagnostiquer l’origine de votre douleur, mais ces investigations peuvent se révéler inutiles en raison du manque de précision de ces examens dans la quantification des structures anatomiques en cause. Une IRM est l’investigation radiologique de choix dans l’examen d’une pathologie de la colonne vertébrale.

Le recours à un spécialiste est bien entendu indiqué lors de la présence de déficit neurologique (par exemple faiblesse, perte de sensibilité ou des réflexes pathologiques dans le bras douloureux) ou si la symptomatologie douloureuse persiste au-delà des six à huit semaines malgré le traitement conservateur. Les traitements chirurgicaux pourront porter sur la résection d’un disque malade, associée à une fusion spinale ou à la mise en place d’une prothèse discale ou encore à une décompression des structures nerveuses par une approche postérieure.

ledos
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