Quelques considération sur le mal de nuque

La douleur de nuque et des épaules qui est aussi souvent associée à des douleurs à l’arrière de la tête est une plainte assez commune de l’âge moyen à avancé. Ces symptômes sont habituellement en relation avec des troubles dégénératifs, ce que l’on appelle aussi « spondylose cervicale ». Ceci est un processus semblable à celui de l’arthrose affectant d’autres articulations du corps.

Les changements produits par cette spondylose cervicale peuvent être mis en évidence sur des radiographies déjà chez de jeunes patient de 20 à 30 ans et ce processus dégénératif continuera à évoluer avec l’âge. Il n’existe rien qui puisse stopper ce processus à ce stade et un traitement chirurgical n’est indiqué que si la symptomatologie douloureuse est associée à des déficits neurologiques occasionnés par une compression, soit de la moelle épinière, soit d’une racine nerveuse ou encore, que la symptomatologie douloureuse soit vraiment invalidante et résistante à tout traitement conservateur.

Votre médecin de famille pourra effectuer des investigations afin d’exclure toute pathologie grave et sous-jacente et vous aidera dans le choix d’un médicament anti-douleurs ou anti-inflammatoire. Un traitement de physiothérapie, ostéopathie et de chiropractie qui comprendra une mobilisation active et contrôlée de la nuque ainsi qu’une amélioration du tonus musculaire pour une meilleure stabilisation de la colonne cervicale (exercices isométriques) sont habituellement très efficaces. Les manipulations passives effectuées par un thérapeute afin d’obtenir des craquements au niveau de la colonne cervicale sont plutôt à éviter.

Dans la majorité des cas (90%), la symptomatologie douloureuse va progressivement disparaître dans les six à dix semaines. Ce n’est que lors d’une persistance des douleurs au-delà de deux ou trois mois de traitement ou si les douleurs de nuque sont vraiment invalidantes, qu’il faudra consulter un spécialiste.

Le spécialiste devra probablement étendre les investigations radiologiques par une IRM ou plus rarement par un CT-Scan cervical. Le traitement conservateur pourra être amélioré par l’introduction de médicaments anti-douleurs plus puissants ou parfois par des infiltrations facettaires, injections par lesquelles on infiltre les facettes articulaires intériorisées à l’aide d’un mélange de médicaments.

Dans certaines conditions, particulièrement douloureuses ou résistantes à tout traitement, le spécialiste pourra conseiller un traitement chirurgical. Avant d’opter pour une telle indication, certains tests comme la discographie ou les infiltrations facettaires pourront être envisagés, ceci afin de mieux localiser l’origine même de la douleur. Les interventions chirurgicales pour traiter des troubles dégénératifs de la nuque portent souvent sur une fusion spinale cervicale de un ou plusieurs étages vertébraux. Dans certains cas particuliers, la mise en place d’une prothèse discale cervicale pourra être envisagée par le chirurgien.

Il faudra toujours garder à l’esprit que toute intervention chirurgicale à la nuque n’est jamais associée à un résultat garanti, il existe toujours des risques opératoires et toute opération visant à traiter des troubles dégénératifs n’en arrêtera pas le processus, une surcharge de travail sera portée au niveau des disques avoisinants et ces derniers dégénéreront probablement avec le temps.

Brachialgies (douleurs de nuque irradiant dans un bras en raison d’une irritation ou d’une compression nerveuse)

Cette douleur peut se développer en raison d’une protrusion discale de la colonne cervicale ou encore en raison d’un rétrécissement du canal rachidien cervical ou de l’ouverture entre deux vertèbres cervicales laissant passage à une racine nerveuse. Dans cette situation, la douleur à partir de la nuque va irradier en direction de l’épaule et du bras, suivant la distribution du nerf affecté.

Ce type de douleur peut être particulièrement vif et est fréquemment aggravé pendant la nuit. Malgré ceci, et sans relation avec la cause précise de la douleur, la symptomatologie va habituellement diminuer spontanément dans les quatre à huit semaines.

Des médicaments anti-douleurs particulièrement forts peuvent être nécessaires afin de contrôler la douleur pendant cette période et l’utilisation à court terme (une ou deux semaines au maximum) d’une collerette-mousse peut se révéler bénéfique. Votre médecin de famille devrait être en mesure de vous assister dans ce type de traitement. Une utilisation prolongée d’une collerette-mousse va résulter en une diminution du tonus musculaire et va probablement prolonger votre rétablissement. L’utilisation de médicaments anti-douleurs et d’une collerette doit donc être toujours associée à un programme d’exercices visant à tonifier la musculature de la nuque (exercices isométriques) et vous être vivement encouragé à maintenir autant que possible votre activité physique.

Votre médecin va pouvoir entreprendre des investigations radiologiques avec des radiographies ou un CT-Scan afin d’aider à diagnostiquer l’origine de votre douleur, mais ces investigations peuvent se révéler inutiles en raison du manque de précision de ces examens dans la quantification des structures anatomiques en cause. Une IRM est l’investigation radiologique de choix dans l’examen d’une pathologie de la colonne vertébrale.

Le recours à un spécialiste est bien entendu indiqué lors de la présence de déficit neurologique (par exemple faiblesse, perte de sensibilité ou des réflexes pathologiques dans le bras douloureux) ou si la symptomatologie douloureuse persiste au-delà des six à huit semaines malgré le traitement conservateur. Les traitements chirurgicaux pourront porter sur la résection d’un disque malade, associée à une fusion spinale ou à la mise en place d’une prothèse discale ou encore à une décompression des structures nerveuses par une approche postérieure.

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